dimanche 23 juillet 2017

Lis, peuchère, c'est signé Véro ! : Six sino-américains ont prié pour moi.

Véronique Benay, dans la librairie La Boîte à Histoires qu'elle a ouverte en 2010 à Marseille avec Gilliane Santarelli, dans les locaux devenus vacants d'une des plus anciennes librairies jeunesse : la Librairie des Trois Mages de Patrick Unger, créée en 1974.
Pas plus tard qu’hier matin, six jeunes sino-américains sont entrés dans la librairie et m’ont proposé de faire une prière pour moi.

Alors même si je ne suis pas particulièrement portée sur les bondieuseries, j’avoue que j’ai un petit faible pour les doux-dingues et ceux là étaient allumés juste comme j’aime.

Voilà ce que c’est que de travailler dans un quartier « tellement vivant », comme dirait ma mère avec un regard un peu inquiet.

A deux pas de la librairie, une petite ruelle où siègerait une loge maçonnique. En tous cas des messieurs en costard-cravate s’y retrouvent régulièrement. Air très sérieux. Moyenne d’âge 60 ans. Ils passent sans un regard pour les clients du café d’en face, tendance altermondialiste, qui sirotent leur bière bio en discutant sur le trottoir.

Un peu plus haut une petite communauté reggae très enfumée qui écoute de la musique à fond la caisse. Régulièrement virés par les flics, ils reviennent nonchalamment s’installer. Faut pas croire mais le rasta est tenace.

Au milieu de tout ça un nombre significatif de gens qui marchent en parlant tout seuls ou déambulent dans des accoutrements plus ou moins improbables. Le Cours Julien, quoi ;-)

Mes américains chinois sont donc rentrés à six à la librairie, grand sourire. Et de m’expliquer qu’ils sont chrétiens et qu’ils viennent tout droit des States pour une mission évangélique à Marseille (!!!). Que je n’hésite pas à leur soumettre mes vœux, mes désirs, mes doutes, ils prieront pour mon compte.

Ben OK.

Alors j’ai demandé plein de trucs pour la librairie et pour moi (tant qu’on y est) et je leur ai dit aussi que je les trouvais un peu bizarres mais sympas quand même. Ils m’ont répondu que ça ne les dérangeait pas qu’on les trouve bizarres et ils ont commencé à prier. Mais VRAIMENT.

Je veux dire qu’en plein milieu de la librairie ils ont levé leurs mains ouvertes vers le ciel, ils ont fermé les yeux et l’une d'eux s’est mise à dire une prière pour moi en anglais. Amazing isn’t it ?!

Je leur ai fait la bise, ils m’ont dit que j’étais une really nice person et ils sont partis prier pour quelqu’un d’autre.

Voilà. C’était mon anecdote du jour.

Tout ça pour dire que si ça se trouve, c'est ma dernière rubrique parce que leurs prières auront été entendues (j’ai glissé un truc en rapport avec George Clooney - on sait jamais).

Véro, librairie La Boîte à Histoires à Marseille



Lis, peuchère, c'est signé Véro ! : La vie de libraire n’est pas toujours rose, vous savez, à Marseille ou ailleurs.



La vie de libraire n’est pas toujours rose, vous savez..

Il y a des semaines où la combinaison offices sauvages ( = livres reçus de force sans les avoir commandés ) + temps pourri + clients pénibles, voire pas de clients du tout, il y a des semaines comme ça disais-je où mon moral flanche. Heureusement ma Gigi est toujours là pour me concocter un bon petit repas !

Alors je dis miam !

Et merci Gigi pour toutes ces  bonnes choses que tu m’as préparées: des chips à l’huile de palme, une  petite salade industrielle pleine de saveurs, le tout arrosé d’un bon soda 100% bio !

Tu as même pensé au dessert, petite gourmande : des bonbons extra acides en forme de surf qui pétillent dans la bouche (E131, E100, E163 et E160, le meilleur).

Je me régale. Et grâce à toi Gigi je redécouvre le bonheur de ne pas faire de pause entre midi et deux. A quoi sert en effet de fermer la librairie ! On n’est pas bien là, sur notre coin de table à partager toutes deux un pur moment de convivialité en attendant le chaland.

Extrait :
«-Putain on a encore reçu un colis Hachette, j’ai peur de l’ouvrir 
– T’inquiète, la semaine prochaine je fais des retours. 
– Et sinon tu l’as reçu le bouquin pour Mme Schmurts, la directrice de l’école bip ? ça fait trois fois qu’elle appelle, elle a l’air énervé. 
– Oui je l’ai reçu mais relié à l’envers. 
– Ah super… qui c’est qui l’appelle pour lui dire ? 
– On n’a qu’à faire la ploum. 
– Et sinon tes enfants ça va ? 
– Je sais pas, je les vois plus. 
– Ah d’accord et t’as lu quoi toi dernièrement ? 
– Ben rien, je suis crevée, à huit heures je dors. »

Ça fait rêver non ?

Je file, je vais me faire un Nescafé.

Que la journée vous soit douce.

Véro, La Boîte à histoires à Marseille

Lis, peuchère, c'est signé Véro ! : I love Superman et Batman (les deux).



« T’aurais pas une idée pour un documentaire un peu pointu que je pourrais chroniquer sur le blog ? » demandai-je tantôt à mon acolyte.

Que ne me suis-je abstenue…

Voilà Gigi qui me saute littéralement dessus avec dans les mains La Grande Imagerie des Super-Héros parue il y a peu chez Fleurus.

« Tiens, j’ai mieux ! T’as qu’à parler de Superman et de Batman ! J’adore !! On vient de les recevoir, c’est moi qui les ai commandés !! Je vais en vendre des caisses !! Je m’en fous, j’assume t’as qu’à dire que c’est moi ! »

Pour du documentaire pointu mes amis, c’est du documentaire pointu et je suis ravie qu’un blog professionnel comme le nôtre vous ouvre la voie. Être précurseur, découvreur de talent, toujours en amont de la création, oui, c’est vraiment ainsi qu’on conçoit notre métier, Gigi et moi.

En plus Batman et Superman y’a dégun qui connaît.

Bref, je m’empresse de vous en parler avant que Sophie Van der Linden me pique l’idée (elle est toujours à fond sur ce genre de bouquins).

Et puis je pense aussi à toi lecteur fidèle, et je me dis qu’en cas de pénurie à la librairie tu pourras aisément te tourner vers mes amis de Carrefour ou de Leclerc qui auront pris soin d’en disposer des piles de 200 en tête de gondole. Elle est pas belle la vie ?

(Note interne: penser à relire la charte de déontologie des libraires indépendants).

Du coup je me suis laissée convaincre très facilement alors qu’au départ moi les super-héros c’est pas vraiment mon truc. Les gros muscles, la Batmobile et tout le tintouin c’est bien joli tout ça, mais enfin vous m’en trouvez un qui sache juste faire tourner une machine, hein, je crois que ça me suffira.

En plus qu’est ce que j’apprends dans le documentaire sus-nommé à propos de Batman ? Que Monsieur tombe très facilement amoureux mais que ces relations ne sont jamais de très longues durée ? Eh ben… c’est pas joli joli tout ça… Ça vaut pas le coup qu’on se mette la rate au court-bouillon en tous cas, les filles.

Des infos de ce genre et bien d’autres il y en a plein dans cette imagerie qui nous apprend tout sur la vie de nos super-héros préférés, de leur enfance souvent chahutée à leur destin de sauveur de l’humanité.

Qui dit super-héros dit évidemment supers pouvoirs. Et bien figurez-vous que Batman n’ a pas à proprement parler de super pouvoirs comme son pote Superman. En fait c’est juste « un homme d’une très grande intelligence, très entraîné physiquement ». (Rhooo la fillette en vérité ! comme on nous a menti !)

Un petit point technique me chiffonne: c’est l’abandon du slip rouge de Superman qui était dans les Comics originaux. Une vraie question de société et un sujet polémique s’il en est. On y reviendra ultérieurement, entre la poire et le fromage si vous voulez bien.

En attendant, plongez-vous dans ces deux imageries à la mise en page flash et pop, dont les illustrations appartiennent aux Studios de la DC Comics, maison d’édition américaine qui connut son âge d’or en 1938 avec l’apparition du personnage de Superman.

Tout l’univers des supers-héros y est passé en revue et c’est proprement jouissif pour les petits et les grands !

Véro, librairie La Boîte à histoires à Marseille

Lis, peuchère, c'est signé Véro ! : Les livres pour enfants, je trouve ça toujours un peu con, vous trouvez pas vous ?


En librairie jeunesse, on reçoit toutes sortes de gens. Des passionnés, des connaisseurs, des sceptiques, des tatillons. Ceux qui savent déjà tout et ceux qui découvrent. Ceux qui ont besoin de conseils et ceux qui préfèrent se débrouiller tout seuls. La plupart sont très sympas. Véronique Benay, libraire de la Boîte à Histoires à Marseille, a cependant un peu plus de mal avec ceux qui ne prennent pas la peine de dire bonjour en entrant. C’est ce qu’elle a raconté sur son blog un soir de septembre…

«Alors voilà: je cherche un livre pour expliquer un peu le sens de la vie à mon fils. La vie, la mort, les règles de la société, tout ça… Un truc un peu général, un peu philosophique, vous voyez? Bon… Moi j’aime pas trop les livres pour enfants, je trouve ça toujours un peu con. Vous trouvez pas vous? Enfin, vous c’est votre job, vous allez me dire…  Ah ah ah! Remarquez, ça doit être cool de lire toute la journée…  Je veux dire: dans une librairie normale! Parce que là vous devez en avoir marre des fois, à la fin de la semaine, avec toutes ces histoires de doudous, de caca, non? En fait c’est toujours pareil ces bouquins, c’est super niais ou alors super commercial, genre Harry Potter. C’est pour ça, je veux lui mettre des trucs un peu plus intelligents entre les mains, à mon fils… Enfin, si ça existe, quoi… C’est ma femme qui m’a dit de venir, elle connaît votre boutique. Bon, j’ai plein de critères, je vous les file tout de suite, puisqu’il paraît que vous êtes super professionnelle! Alors: pas trop long parce que c’est pour lire le soir et on n’a pas trop envie que ça s’éternise. Avec des beaux dessins aussi, genre le type qui fait les poussins, là, chais plus comment y s’appelle, mais pas pareil quand même, parce que mon fils n’aime pas trop en fait. Sans lapins si possible, ça lui fait super peur les lapins. Pas trop grand format, si jamais on veut le transporter c’est plus pratique. Et puis évidemment avec un joli texte, hein? Ma femme est enseignante, alors elle s’y connaît… À part ça, il va avoir deux ans mais il est super en avance pour son âge. On lui a déjà lu plein de livres mais je vois bien qu’il a fait le tour…»


Sans conteste, j’avais clairement affaire à un chieur. Un vrai.

Comme de bien entendu, pendant sa tirade, son petit génie de fils était occupé à baver sur les trois exemplaires de T’choupi que je planque au fond du rayon.

Tu te barres de ma librairie vite fait, avec tes idées à la con et ton fils pas beau!
Je l’ai pensé très fort mais je ne lui ai pas dit. Promis, j’ai vraiment été à deux doigts de le planter là, ce gros relou et ses a priori débiles. Et puis grâce au ciel, ou au dieu de la littérature jeunesse, mon œil est tombé sur la jolie couverture de Pomme Pomme Pomme de Corinne Dreyfuss.

Le type ne connaissait pas (non?! sans déconner…)

Alors j’ai décidé de lui laisser une chance et je me suis lancée.
J’ai ouvert l’album et je lui ai tout expliqué gentiment. Je lui ai parlé des illustrations limpides et joliment stylisées, parfaitement découpées sur le blanc de la page.
Je lui en ai mis plein la vue en lui expliquant les encres sélectives qui permettent ces délicats effets de surbrillance et de texture.
Je lui ai lu avec soin le texte bondissant en lui montrant tous les jeux sur les allitérations qu’affectionnent particulièrement les tout jeunes. C’est à ce moment-là que son petit garçon a demandé à venir dans ses bras. Lui aussi il voulait regarder.

Je lui ai parlé du rythme de la comptine, de la musicalité des mots et du soin tout particulier que l’éditeur avait apporté à la fabrication de ce livre.
Et enfin je crois avoir fait mon maximum pour lui faire sentir le délicat message de l’album, qui sous couvert de poésie, nous parle aussi du cycle de la vie.
– Ça ne vous dit rien? Vraiment? C’est étonnant avec votre femme qui est enseignante… Sans compter que ce livre a obtenu le Prix des Librairies Sorcières l’année dernière. Vous ne connaissez pas non plus? C’est l’équivalent du Goncourt pour les livres jeunesse.

Oui, bon. Là, j’avoue que je me suis peut-être un poil emballée mais enfin il faut ce qu’il faut. D’ailleurs j’ai senti que je lui portais le coup de grâce avec ça. Le type est parti avec le livre, une bibliographie de Corinne Dreyfuss faite par mes soins, et les trois derniers numéros de la revue Citrouille, histoire qu’il se mettre un peu au jus. Et puis avant qu’il parte, j’ai aussi réussi à lui glisser que malgré tout le battage médiatique, Harry Potter n’était pas que commercial, que beaucoup d’albums avaient laissé en moi une trace durable, que beaucoup de romans jeunesse avaient sensiblement changé ma façon de voir la vie et que je n’en avais jamais marre, même à la fin de la semaine, même après plus de vingt ans.

Mais bon. J’étais énervée, vexée et même à deux doigts de pleurer comme une conne –  parce que cette journée ça avait été vraiment une journée sans. Mais j’avais fait mon job, du mieux que j’avais pu et peut-être l’ai-je fait un tout petit peu changer d’avis sur la question, ce monsieur. Allez savoir. Voilà c’était mon quart d’heure «Vis ma vie de libraire».

Lis, peuchère, c'est signé Véro ! : la boîte et la marmite, une histoire d'amour qui dure.

Véro, c'est elle, à droite, sur le pouf orange ! 
Véronique Benay, libraire Sorcière La Boîte à histoires à Marseille, fait partie du Comité de lecture jeunesse bibliothécaires / libraires des Bouches du Rhône, autrement dit de La Marmite à lire (son site et ses sélections ici). Elle nous raconte cette aventure. 

Des bouquins à lire et à analyser, je pense qu’il a dû m’en passer quelques milliers dans les mains. Mais le tout premier je vous assure que je m’en souviens comme si c’était hier : le livre s’appelait  Il n’y a plus de dodos. C’était un album à compter d’Amanda Wallwork paru au Sorbier. 

Avec la présentation de ce livre à l’oral, face au comité de La Marmite à lire, je me jetais pour la première fois dans la gueule du loup. Fraîchement embauchée dans la seule librairie jeunesse de la ville, je n’en revenais toujours pas du tournant que prenait ma vie et j’avais accueilli avec inquiétude la proposition de mon boss de rejoindre ce comité de lecture.  « Tu seras la seule libraire, c’est chouette, non ?! Tu verras il n’y a que des bibs fans de littérature jeunesse… » 

C’était bien ça le problème : libraire je m’en sentais tout juste les épaules et voilà que j’allais devoir affronter tous les mois une armée de bibliothécaires aguerries dont certaines étaient réputées pour avoir la dent dure… 

Je l’ai fait pourtant et je crois me rappeler que je n’en menais pas large en présentant ce premier album, d’autant que je me suis levée pour parler et que visiblement ce n’était pas l’usage. « Elle commence déjà à faire sa star ! ». Rien qu’une plaisanterie mais c’était justement la fameuse coriace qui venait de parler. C’est elle encore qui m’a fait remarquer qu’en guise d’analyse j’avais pondu un roman et que si tout le monde était aussi long que moi le comité durerait trois jours. OK… 

Elle s’appelait Laurence, elle ne fait plus partie de ce comité depuis belle lurette mais elle a été sans doute l’une des personnalités les plus marquantes et les plus attachantes du groupe. Je me souviens m’être entendue avec elle comme larron en foire.

Étrange entité que ce groupe d’ailleurs, si solide et si fluctuant à la fois : les vieux de la vieille, présents dès le début ou presque, ceux qui y ont pris peu à peu leur marque, ceux qui y sont entrés à tous petits pas, ceux dont on a déjà oublié le nom ou ceux encore qui ont dû s’en éloigner et dont aime reparler. Dans ce groupe exclusivement féminin depuis fort longtemps, UN bibliothécaire a pris sa place voilà quelques années. Bonnes joueuses on l’a accepté sans trop de difficultés car le garçon sait fort bien cuisiner et ne se formalise pas de nos blagues vaseuses sur la gente masculine. 

C’est le deuxième jeudi de chaque mois que nous nous réunissons dans une des bibliothèques participantes pour rendre compte de nos lectures. Peu de place pour l’amateurisme ou le commentaire indigent : à la Marmite à Lire les analyses sont rédigées sur l’ensemble des bouquins parus puis elles sont présentés à tout le reste du comité. 

A dix heures du matin,  pas de problème, tout le monde est frais comme un gardon; mais en milieu d’après-midi ça se complique. La fatigue se fait sentir (à moins que ce ne soit les effets du rosé ?). Il suffit que Valérie prononce un mot anglais avec son impayable accent marseillais pour que tout le monde s’écroule. A la fin de la (longue) journée, chacun repart avec son “tas” (terme ô combien élégant pour désigner la pile de livres) et le butin peut varier entre 20, 30 ou 40 ouvrages selon les périodes de l’année .

Et puis rebelote : c’est reparti pour un mois de lectures jusqu’au comité suivant.

Mais souvent j’en ai marre. Je sature. C’est trop lourd, trop contraignant… J’ai tellement de travail à côté à la librairie, si peu de temps pour le reste. Sans compter la production qui me lasse. Tant de sujets rebattus dans les documentaires, tant d’albums mal ficelés, de romans sans style. J’ai peur d’être blasée, d’être passée du côté obscur des vieux cons qui pensent que c’était mieux avant… Alors ce coup-ci, basta, ce sera mon dernier comité. 

Et puis la date approche et c’est toujours la même histoire : je me remets à mes lectures comme une acharnée, je feuillette, je bachotte, je survole et j’ai peur de passer à côté d’un truc. Alors je reprends tout depuis le début et je m’attèle à mes analyses en m’appliquant comme une bonne élève. Et toujours je pense aux auteurs derrière le livre : s’ils l’ont fait, c’est bien qu’ils y ont mis leur coeur, qu’ils avaient quelque chose à dire ?

La veille du jour J, je me rends compte que j’ai un peu hâte de retrouver tout le monde. Toutes ces nanas + le garçon qui ne sont pas vraiment des amis, mais un peu plus tout de même que de simples collègues de travail. Chacune (pardon Baptiste) connaît un peu la vie des autres, on prend des  nouvelles, on se raconte par bribes à l’heure du repas. Les deuils, les naissances, les séparations, les parents qui se font vieux, les histoires d’amour qui démarrent et celles qui flanchent.

Pour toutes ces raisons, les mois et les réunions s’enchainent, les années passent et depuis vingt ans maintenant (au secours !...)  ce comité fait entièrement partie de ma vie professionnelle et par ricochet de ma vie tout court. Alors lorsque je serai très  très vieille, dans très très très longtemps, je pense que je me souviendrai encore de mon premier livre analysé et de quelques autres pépites découvertes au fil de mes lectures. Je sais que je me souviendrai surtout de plein de prénoms, de moments partagés et de franches parties de rigolade. Le reste après tout n’est que littérature.